mardi 10 février 2015

☆ Sovok de Cédric Ferrand

Sovok est le second roman de Cédric Ferrand, paru chez Les Moutons Électriques. C'est une uchronie soviétique inspirée du jeu de rôle éponyme. C'est aussi ma première lecture de l'auteur.

Moscou, dans un futur en retard sur le nôtre. Manya et Vinkenti sont deux urgentistes de nuit qui circulent à bord de leur ambulance volante de classe Jigouli. La Russie a subi un brusque infarctus politique, entraînant le pays tout entier dans une lente agonie économique et une mort clinique quasi certaine. Le duo d’ambulanciers est donc le témoin privilégié de la dégradation des conditions de vie des Russes. Surtout que leurs propres emplois sont menacés par une compagnie européenne qui s’implante à Moscou sans vergogne. Et puis un soir, on leur attribue un stagiaire, Méhoudar, qui n’est même pas vraiment russe, selon leurs standards. Ils vont quand même devoir lui apprendre les ficelles du métier.

J'ai cru comprendre que Cédric Ferrand, soit on adore ce qu'il écrit, soit cela ne colle pas du tout. Pour ma part, c'est très bien passé !

Sovok est un roman sous forme de tranches de vie, de petits moments qui vont montrer ou dénoncer la vie moscovite et ses travers, ses injustices, sa corruption, son système D.

Dans un Moscou futur, mais en retard sur le nôtre (j'adore ce concept, mais vraiment !!), Méhoudar, un juif venu du Birobidjan (qui après renseignement, existe réellement, c'est un territoire juif près de la frontière chinoise, à 6000 km de Moscou) se fait engager comme ambulancier dans la compagnie Blijni, mal en point, à l'image de la Russie. Ses collègues, l'intransigeante Manya et le syndicaliste Vinkenti vont devoir lui montrer, à contrecœur, comment se passent les interventions à bord de leur Jigouli, une ambulance antique mais volante.

Point fort de l'auteur : les descriptions des lieux, mais aussi des personnages. On visualise la ville sous sa couche neigeuse, on fait le voyage dans la vieille guimbarde qu'est la Jibouli (superbement illustrée par Prince Gigi), on ressent la détresse des moscovites face à la pauvreté, mais aussi leur réaction blasée et pragmatique face à la corruption. On s'attache aux personnages, malgré leurs très nombreux défauts. On sent le racisme latent, le totalitarisme... Et tout cela est dénoncé avec beaucoup d'humour.

La grande force de Ferrand est de nous faire vivre la grande Histoire en utilisant la petite. On voit les événements par le petit bout de la lorgnette. C'est prenant et intéressant.

Pour résumer, Sovok de Cédric Ferrand chez Les Moutons Électriques est une uchronie intimiste. L'auteur réussit à nous faire aimer ses personnages avec tous leurs défauts, et à nous faire vivre la grande Histoire en passant par la petite histoire de trois habitants de cette Russie futuriste mais qui semble immuable : froide, corrompue et en révolution permanente. Un roman que je vous conseille !


L'avis de Cornwall, Gromovar, Lhisbei, Cédric Jeanneret

Sovok
de Cédric Ferrand
Les Moutons Électriques - Février 2015
224 pages
Papier 19,90€ / Numérique 6,99€

6 commentaires:

  1. Ça m'plaît bien comme concept et l'univers est plutôt intéressant. Faudrait p't'être que je teste les oeuvres de c'monsieur. Peut-être Sovok en premier d'ailleurs, je suis un peu plus SF que fantasy, mais Wastburg m'attire bien aussi :)

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    1. Clairement je n'ai pas lu Watsburg car ce ne semble absolument pas être ma tasse de thé "fantasy crépusculaire", par contre une bonne petite uchronie futuriste ça me cause ! Excellente lecture pour ma part, et plutôt courte.

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  2. Une sorte de livre-univers finalement, vu par le petit bout de la lorgnette. je dois dire que ça me tente pas mal. Je devrais tenter "Wastburg" avant (sur ma PAL) pour savoir si le style de Cédric Ferrand me plaît (même si l'univers joue aussi pour beaucoup dans l'appréciation d'un livre).

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    1. Watsburg me semble moins ma came, clairement. Là j'ai apprécié, ça permet aussi de se poser un peu !

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  3. Je ne connaissais pas l’existence de l’improbable Birobidjan, quelle histoire incroyable...

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    1. oui hein ! on pourrait croire cela inventé.

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